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Groupes de discussion

Répartis en neuf ateliers de quinze à vingt personnes, chacun a pu s'exprimer sur l'un des cinq thèmes suivants:

1° Professer notre foi commune

2° L'hospitalité eucharistique

3° L'insertion ecclésiale

4° Et nos enfants? (du baptème à la profession de foi)

5° Agir et témoigner ensemble (dans le monde, à l'extérieur de nos églises).

Chaque groupe a proposé trois type de réponses sur son thème:

1ère réponse: Un blocage qui nous a fait souffrir.

2ème réponse: Une action récente qui nous a fait progresser sur la route de l'unité.

3ème réponse: Une action que nous aimerions entreprendre pour avancer sur la route de l'unité.

Les jeunes se sont réunis de leurs côté. Ils étaient une trentaine, répartis en trois tranches d'âge.

Voici l'essentiel de la mise en commun réalisée à la suite des dicussions par petits groupes, et qui fut suivie d'un débat entre tous les participants:

Des blocages

1- Ignorance qu'a l'autre, dans le couple, de notre propre confession.

2- Regret et douleur devant l'absence d'autorisation de pouvoir officiellement pratiquer l'hospitalité eucharistique (Il n'y a que les foyers mixtes qui en ont un petit peu le droit).

3- Certains auraient aimé une seule célébration eucharistique au cours de ce week-end, au lieu d'une messe puis un culte de sainte cène.

4- Difficulté de la part de nos Eglises à reconnàitre que la double appartenance des enfants est bien vécue.

Nos enfants - ils l'ont dit avec beaucoup de conviction et j'en suis heureux - se sentent héritiers et bénéficiaires de /a richesse de nos deux confessions. C'est à eux maintenant avec leur propre personnalité, leur propre foi, d'affirmer cette foi et de faire des choix. Nous ne sommes plus, nous parents, responsables de ces jeunes devenus adultes dans leur foi.

La vrai question est : comment nos Eglises peuvent-elles recevoir aujourd'hui ces adultes d'un nouveau genre, baptisés et accueillis à l'eucharistie dans les deux confessions, c'est-à-dire dans ces deux actes où ils reçoivent bien, comme nous, l'Esprit Saint? Alors faut-il une seule confirmation?

5. Des étiquettes de protestants dans l'Eglise catholique, ou le contraire, provoquent des blocages institutionnels.

La marraine protestante d'un enfant catholique a été considérée comme une marraine potiche, Ce fut ressenti dans les tripes, si vous me permettez ce terme. L'institution, via un membre de la famille, via un ministre (pasteur ou prêtre), via un membre d'une communauté, ne prend pas en compte la personne, c'est-à-dire l'expression de sa foi et de ses actes, mais sa carte d'identité, C'est une caricature.

6. Regret des jeunes que la confirmation les oblige à faire un choix.

Comme blocage, nous avons trouvé la confirmation Beaucoup de jeunes (de plus de 13 ans) souffrent de "devoir choisb'. "Devoir choisir': c'est le mot qui revient souvent. La profession de foi dans les deux Eglises est souvent acceptée mais la confirmation ne l'est pas. On souffre de ne pas recevoir l'Esprit Saint. Professer sa foi, c'est une chose importante,, mais recevoir l'Esprit Saint, c'est aussi quand même très important.

7. La catéchèse dans les écoles privées n'est, souvent, pas très positive.

Des actions récentes qui nous ont fait progresser vers l'unité

1. Célébrations communes dans des occasions particulières au sein d'aumôneries de prisons ou d'hôpitaux.

2. Hospitalité eucharistique volontiers acceptée pour nos enfants.

3. Le fait qu'il existe des centres de catéchèse oecuménique dans plusieurs villes (Lyon, Genève, Neuchâtel...)

4. La présence d'enfants de foyers mixtes suscite des échanges entre enfants catholiques et protestants de foyers monoconfessionnels dans le cadre de leur catéchèse.

A Sèvres, il y a un seul enfant de foyers mixtes, Grâce à lui, il y a eu des échanges entre le prêtre et le pasteur qui ont ensuite amené à des échanges entre des enfants de 4e et de 31 (foyers monoconfessionnels).

Cela aboutira l'année prochaine à une réalisation en commun d'un chemin de croix: pendant la première partie, le prêtre sera avec les enfants catholiques et, à mi-chemin, ils retrouveront le pasteur et les enfants protestants pour terminer ensemble.

5. Echanges de catéchètes entre les Eglises qui permettent de mieux se connaître.

6. Témoignages locaux: dans la rue, au contre commercial de Vélizy 2 (des protestants et des catholiques tiennent un stand pendant la période de l'Avent).

7. Célébrations oecuméniques de baptême qui apportent publiquement un témoignage devant les communautés.

8. Catéchèse commune: témoignage et enrichissement.

Il y avait deux groupes chez les jeunes : ceux qui suivent une catéchèse dans une des deux Eglises et ceux qui suivent une catéchèse commune. Nous trouvions que les premiers n'avaient pas assez d'ouverture par rapport aux autres. Ils étaient un peu enfermés dans leur catéchèse et l'on regrettait que leurs parents n'aient pas fait l'effort de les ouvrir un peu aux autres

9. Participation commune à la sainte cène et à la messe:

Le fait que chacun des deux conjoints participe à la fois à la sainte cène et à l'eucharistie est un témoignage vis-à-vis des deux communautés.

On a parlé d'officialiser l'hospitalité eucharistique pour les foyers mixtes. Je trouve regrettable que l'on aborde la question uniquement pour les foyers mixtes. Mes parents, mes beaux-parents, mes grands-parents souffrent aussi de ces divisions quand ils viennent assister à des cultes ou à des messes auxquels nous participons.

Des actions à entreprendre

1. Représentation des foyers mixtes dans les synodes catholiques et protestants.

2. Information des ministres.

En Angleterre, nous avons "Churches Together", une sorte, de Conseil des Eglises mais qui va plus loin qu'un simple Conseil. Ce sont vraiment les "Eglises ensemble'. C'est une structure qui permet aux Eglises de réfléchir, de prier, d'agir, de témoigner ensemble. Evidemment, c'est mieux dans la théorie que dans la pratique mais c'est partout pareil.

3. Demander la reconnaissance mutuelle de nos Eglises.

Depuis le début, je me pose la question : que veut dire l'unité? Je pense que l'unité existe, l'unité spirituelle dans le sens communion. Nous faisons tous partie d'une même Eglise. Donc, l'unité n'est pas à construire mais à constater Je pense que nous l'oublions. Si nous devons construire quand même une unité, c'est une unité au niveau des institutions. Nous avons un témoignage à apporter en disant que nous ne sommes pas si différents les uns des autres. On peut essayer d'abolir les barrières qui existent entre nous tout en maintenant nos différences.

4. Recommandations aux instances oecuméniques plus internationales.

5. Officialiser l'hospitalité eucharistique pour les foyers mixtes et pas simplement une demi-autorisation.

6. Importance de divulguer les informations oecuméniques aux jeunes foyers, aux ministres, aux Eglises.

Mon souhait est que, dans une réunion pareille, aussi riche, vous ayez le souci de rencontrer les foyers interconfession-nels qui ne savent pas qu'ils le sont, Mon souci de pasteur, ce n'est pas vous qui êtes là, ce sont les autres, les autres pour qui ce n'est pas si facile d'être et protestant et catholique.

7. Membre d'Eglise:

Cela commence à avoir un sens dans l'Eglise protestante: est-ce que ceux qui sont acceptés comme membres ont le droit de rester en même temps catholiques? La question est posée à l'Eglise catholique: comment donner un sens au fait d'être membre de l'Eglise catholique tout en restant protestant?

8. Les foyers mixtes ont la mission de continuer à faire de la théologie, à discuter plus avant d'un certain nombre de blocages théologiques.

Il faut que nous gardions ce rôle d'aiguillon et stimulions nos paroisses pour qu'elles se convertissent. C'est plus facile au travers de nos enfants car nos enfants restent les acteurs premiers de ce questionnement de nos communautés. Eux, où s'insèrent-ils? Est-ce que, comme parents, nous fabriquons des inadaptés que nos Eglises n'accepteront pas? Ou seront-ils à leur tour des ferments d'unité?

Voilà la vraie question et là est notre vocation première de foyers mixtes : apprendre à nos enfants qu'il y a deux maisons différentes dont il faut qu'ils connaissent bien le fonctionnement et sachent qu'elles sont différentes. Pour cela nous devons continuer à nous former et à faire de la théologie. // semble qu'aujourd'hui le risque majeur - on le voit du côté des jeunes foyers mixtes qui ne voient pas pourquoi ils passeraient tant de temps à réfléchir sur les fondements théologiques de leurs fois réciproques - soit une tendance au syncrétisme tolérant qui va au-delà des différences, qui frise le New-Age.

9. Le rôle des foyers mixtes dans la pastorale des foyers inter-religieux.

10. Possibilité de proclamer publiquement son appartenance aux deux Ëglises, à la fois affirmation de la foi et réception de l'Esprit.

Des jeunes: chacun de nous a réconcilié en lui-même la foi catholique de son père et la foi protestante de sa mère, ou l'inverse. Serons-nous les pionniers de cette réconciliation? Faudra-t-il que nous attendions la réconciliation de nos Eglises pour le vivre en communauté? Cela reste en suspens.

11. Importance-de la communication aux médias, sur le terrain.

On a parlé de "lobby". On a dit que les foyers mixtes sont témoins des oeuvres tandis que les Eglises sont garantes de la foi. Importance pour les foyers mixtes de se faire connaître à l'intérieur et à l'extérieur de nos Eglises.

Je pense que certains de nos dirigeants préfèrent ne pas entendre le mot "lobby' mais on pourrait le dire autrement: parier des "propositions' des foyers mixtes. Je crois qu'effectivement, il faut que nous trouvions mieux que nous ne le faisons à l'heure actuelle - et en France nous sommes en retard par rapport aux pays anglo-saxons - le moyen de faire passer ce que nous avons à dire par les bons tuyaux. Par exemple, cela ne sert à rien de faire publier un texte dans le Canard Enchaîné si ce journal n'est pas tu par les dirigeants d'Eglise. (Je crois que si, en réalité !). Il y a de bonnes pistes et de mauvaises pistes. Il faut beaucoup s'informer avant de savoir à qui on va communiquer C'est un art, mais il faut communiquer.